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La transformation joyeuse : Explorer et réussir sa transition numérique

Le bonheur au travail serait-il le socle fondamental de la transformation numérique ? Frédéric Chalancon, responsable opérationnel du pôle Moa du Crédit Agricole, plaide pour une « transformation joyeuse » – mais nécessaire – des organisations. Transformation, où liberté de parole et créativité servent à définir le “ chemin des lucioles ” permettant aux collaborateurs de trouver ensemble l’alignement qui éclaire la voie. Débat croisé avec Boris Petrovitch Njegosh, fondateur de Rocket Labs, le laboratoire du numérique.

Voir la transformation digitale comme une opportunité

« L’innovation systématique requiert la volonté de considérer le changement comme une opportunité »

Frédéric Chalancon a fait siens les mots de Peter Drucker, ‘pape’ du management décédé en 2005. Pour lui, la transformation digitale irrigue désormais « toutes les industries », et cette révolution doit être un formidable levier pour repenser entièrement les organisations. Cette « transformation joyeuse » doit « faire prendre conscience aux collaborateurs, utilisateurs et clients, que tout est fait pour les servir ‘avec le smile’ ». Il explique : « parler de transformation peut générer une forme d’angoisse et d’inquiétude. Or l’enjeu aujourd’hui, c’est de savoir comment on accompagne les collaborateurs dans les changements qu’amène le digital. » Avec toujours, comme principale préoccupation, le client. Pour Frédéric, les entreprises doivent profiter de cette opportunité pour repartir ‘from scratch’, autrement dit d’une page blanche. « Il faut désangoisser les collaborateurs dans la transformation, car finalement c’est un formidable moteur d’innovation ».

Mais pour un virage organisationnel réussi, Frédéric rappelle combien il demeure important de donner du sens en expliquant aux collaborateurs la stratégie de l’entreprise. « Pour qu’elle profite du digital, la transformation doit être plus respectable, plus en en phase avec le besoin client et les attentes en termes de service ». Frédéric voit la transformation digitale comme un tryptique. D’une part, un client plus rapidement et mieux servi, grâce aux nouveaux outils. D’autre part, un collaborateur débarrassé de tâches répétitives par l’automatisation et le traitement de la donnée (LAD / RAD, signature électronique…). C’est donc plus de temps pour choyer la relation client et développer le bien-être au quotidien. Et, troisième volet du tryptique, un consommateur comblé.

Le résultat de cette logique ? Une entreprise plus autonome, plus performante et mieux alignée. Boris Petrovitch Njegosh, gourou de la fusée numérique Rocket Labs, rejoint cette analyse : « la culture de l’utilisateur n’est pas une fin en soi, c’est la résultante interne de collaborateurs travaillant harmonieusement autour d’une vision et d’un alignement commun ».

Emmener les collaborateurs sur « le chemin des lucioles »

Pour Frédéric, les trois piliers de la transformation joyeuse reposent donc sur la vélocité, l’ouverture aux compétences externes et le bonheur au travail. « Il faut que les équipes soient assez autonomes pour revoir elles-mêmes leur mode de fonctionnement ».

« Les grands groupes sont parfois paralysés par une verticale de la décision. L’enjeu, c’est d’entrer dans un mode d’organisation où le collaborateur prend le droit à l’échec »

Un droit indispensable selon Frédéric, puisqu’il permet une « certaine forme de créativité », et donc de nouvelles prises d’initiatives. « Ce qui prime, c’est la capacité collective du management à mettre en autonomie un groupe de collaborateurs, pour innover sur une partie de son activité ».

Le bonheur au travail serait-il le socle de la transformation digitale ? « Les anglo-saxons ont bien compris l’importance des ‘CHO’ (Chief Happiness Officer). Ils permettent de libérer la parole au sein de l’entreprise et donc la créativité », développe Boris. Pour notre spécialiste du numérique, « le bonheur du collaborateur devient un indicateur clé de la transformation ». Frédéric, quant à lui, voit la transformation digitale comme un « chemin des lucioles », où les collaborateurs trouvent leur salut dans l’alignement qui éclaire le chemin du changement.

Les enjeux de la disruption : un nécessaire « désordre agile »

Pour Frédéric, les organisations doivent accepter un « désordre agile », où les structures hiérarchiques ne priment plus. L’ouverture aux compétences externes est l’une des clés de ce changement de paradigme. « Un grand groupe aujourd’hui est tributaire des outils qu’il a conçu il y a 10 ans », ajoute Boris, « mais une licorne n’est pas un poney avec une corne ! ». Avec l’arrivée de Fintechs proposant de nouvelles approches plus ciblées et spécialisées, le défi de l’entreprise est de pouvoir appréhender ces nouveaux cas d’usages, « afin de créer une nouvelle organisation durable », selon Frédéric. Boris suggère même de pouvoir créer des « structures parasitaires au sein du groupe, capables de s’appuyer sur le socle de conformité en place pour mieux se focaliser sur la relation avec l’utilisateur, et rester compétitif face aux nouveaux acteurs du marché ». Mieux encore, les grands groupes peuvent s’ouvrir aux compétences des start-ups, sur un modèle de « Team of teams », cher à notre gourou digital. Cette expérience a par ailleurs été très concluante lors du partenariat entre le Crédit Agricole et Rocket Labs.

« Les grands groupes ont clairement les moyens de leur propre transformation. Ils sont capables d’innover et d’être véloces quand le marché dicte de nouveaux paradigmes. »

« La suite de cette conquête numérique se fait main dans la main avec des acteurs disruptifs et agiles, quelle qu’en soit sa taille » acquiesce Frédéric.

Et d’ajouter en clin d’œil : « J’ai justement un exemple très concret : 24 semaines avec Rocket Labs ont bien joyeusement transformé l’entreprise, et ce n’est pas prêt de s’arrêter ! ».

À propos

Rocket Labs

Laboratoire d’innovation numérique dédié à l’expérience client.

Contact

Boris Petrovitch Njegosh

CEO et fondateur

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